lundi 21 février 2011

Celui qui était trop jeune.

Ils ont l'air d'aimer ça.
Berlin.

Quelques soirs auparavant, Fonzie avait fait affaire avec un dealer au T, un squat dans les canapés duquel ils s'étaient étourdis. Il n'est pas sûr d'avoir payé le bon prix.

Penny, Fonzie et Becky se retrouvent seuls. Ils  partiront rejoindre les autres en République Tchèque plus tard dans la soirée. Ils se surnomment "les car-à-minuit". Ils trouvent ce nom amusant et se le rappellent à la moindre occasion.
 Ils parcourent la ville une dernière fois, vont au fast food et construisent des souvenirs.
Ils ont l'impression de faire les 400 coups.

 Fonzie a gardé le sachet en plastique plein de feuilles de chanvre. Ils devaient partager avec les trois autres, mais ils ont la journée pour eux seuls.
Ils se cachent dans un recoin d'immeuble, puis d'escalier, puis de métro. Aucun endroit tranquille où commettre leur forfait. Ils compostent leur ticket de métro retour.
T.Strasse, le ciel est bas et la journée se finit au dessus d'un square morne. Religieusement installés, ils sont impatients et ils s'agitent.
Ils fument longuement. Penny tient la porte de l'hôtel A. Ils entrent dans le hall.
Fonzie reste prostré.  Becky rit à gorge déployée. Penny est anesthésiée. Becky trouve très drôle de se faire passer pour Penny, sur un ordinateur public. Fonzie est penché sur un cahier noir quadrillé, ses dessins sont ceux d'un désaxé. Penny regarde dans le vide, ses pupilles sont floues. Becky est prise d'un crise de panique : elle dit que son bras est un serpent  qu'elle ne peut plus contrôler, alors Fonzie mime un vaccin géant pour la soigner. Penny vacille. Elle a littéralement la tête qui tourne, elle commente ses propres gestes."Grand tour, petit tour, balance, balance..." Becky rit beaucoup. Fonzie finit son dessin. Il ne se souvient plus s'il s'est senti sombrer.

Hagards, hallucinés, psychosés, ils attirent l'attention.
De la musique commerciale retentit dans l'air. Ils annonent quelques syllabes, pensant être dans le rythme.

Un garçon de 13 ans, assis à côté de sa mère, dévore la scène des yeux. Son visage est impassible, on ne saurait dire si ce qu'il voit le répugne ou s'il veut faire bonne figure devant maman.

PS : Becky se demande si elle reconnaîtrait ce garçon si elle le revoyait un jour.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire